Voilà quelques mois que je m'interroge sur l'impact écologique de nos emails. En 2021, alors qu'on parle de zéro carbone, de sobriété, d'épuisement des ressources, la solution est-elle vraiment de penser à trier ses newsletters ?

Ce message s'autodétruira dans 1 semaine...
Ce message s'autodétruira dans 1 semaine...

L'email, est-ce vraiment un sujet ?

Commençons par quelques chiffres pour s'en convaincre :

  • 306 milliards d'emails ont été reçus chaque jour en 2020 (sans même parler du spam)
  • L'envoi d'un email a une empreinte moyenne estimée à 4 g de CO₂ soit une moyenne mondiale annuelle de 447 millions de tonnes de CO₂
  • En imaginant une moyenne de 50 Ko par email, cela représente 5,5 milliards de To de données supplémentaires chaque année !

Grâce au faible coût de stockage des données et un système de recherche performant, ces emails sont conservés, indéfiniment pour la plupart, parfois sur plusieurs supports (serveurs, sauvegardes, ordinateurs personnels) dans un syndrome de Diogène mondial, alourdissant encore leur impact.

Sources et chiffres complémentaires :

Triez vos emails !

Ces dernières années, à grand renfort d'articles de presse, de greenwashing, ou de discours de Barbara Pompili 🤦‍♂️, qui nous expliquent que trier nos emails peut sauver la planète, je vois de plus en plus de gens lutter fièrement pour l'écologie ou leur empreinte carbone en supprimant leurs vieilles newsletters.

En plus de braquer le projecteur sur un sujet parfaitement anecdotique à titre personnel (diminuez plutôt votre consommation de viande), il semble absurde et illusoire d'espérer que les 100000 destinataires d'une newsletter ou d'un email commercial penseront tous à trier et supprimer leurs emails.

Ne pourrait-on pas plus simplement traiter le problème à la source, directement auprès des expéditeurs ?

La date limite de conservation

Le fonctionnement des emails a été calqué sur celui du courrier papier jusqu'à l'absurde, en laissant le soin aux destinataires de faire un tri régulier de leur correspondance.

Tous ces emails promotionnel du Black Friday auront-ils toujours un sens dans 1 semaine ? Dans 1 mois ? Dans 1 an ? Et si chaque email avait une date raisonnable d'expiration ?

Cette date pourrait être choisie par l'expéditeur en fonction de type d'email :

  • 24 heures à 1 semaine pour des notifications
  • 1 mois pour des newsletters
  • 1 an pour des confirmations de commande...

Charge ensuite aux fournisseurs d'email de supprimer automatiquement les emails qui ont dépassé leur date limite.

L'enjeu peut paraître titanesque, mais le marché mondial des emails tient en réalité à assez peu d'acteurs : Mailchimp, Sendinblue, Mailgun/Mailjet pour les services d'e-mailing, et Gmail et Outlook pour la majorité des adresses email. Le soutien de quelques-uns suffirait probablement à faire évoluer le standard.

Est-ce que ça sauvera l'humanité ? Probablement pas. Mais lorqu'une initiative sobre, économique, écologique et super pratique pour les usagers se présente, il n'y a vraiment aucune raison de s'en priver.

Alors on s'y met quand ?

Magie de l'Internet, je découvre en écrivant cet article que l'idée existe déjà ! Proposée par Jonathan Loriaux sur Bad Sender en avril dernier, elle a déjà fait du chemin, donné lieu a plusieurs groupes de travail, pour aboutir au projet "Email expiration date"

Extrêmement bien documenté, et avec déjà de nombreux soutiens, notamment de SendInBlue.

J'ai hâte de suivre cette aventure !