Depuis quelques années, de plus en plus de proches ou connaissances me parlent des bienfaits de médecines alternatives. Naturopathie, Fleurs de Bach, médecine tradionnelle chinoise, Reiki, aromathérapie, acupuncture, homéopathie, ayurvéda... J’ai un esprit cartésien et sceptique. J’aime la science, js crois aux expériences mesurables et reproductibles. J'en discute ou débats volontiers, mais à chaque fois je parle de quelque chose que fondamentalement je ne connais pas.

Alors j'ai décidé d’expérimenter. Pas avec mon regard sceptique, pour trouver la faille. D’essayer vraiment, de voir ce que ça pouvait m’apporter. De le vivre comme une expérience inhabituelle mais intéressante, au pire marrante, comme un court de chant, un restaurant Ouzbek ou un spectacle de rue.

Récemment une amie ma recommandé une collègue qui prodigue des soins énergétiques à distance. J’ai lutté fort en moi-même pour ne pas émettre de doutes très légitimes, ni lever les yeux au ciel, puis j’ai accepté.

La prise de connaissance par téléphone

Après quelques échanges par SMS, la thérapeute m'appelle pour faire connaissance et définir mes attentes. Je n'en ai pas vraiment, j’explique qu’on m’a recommandé ses soins, que je suis dans une phase de ma vie où il y a beaucoup de changements et que je me pose des questions. Je donne assez peu d’informations sur moi, mon nom, ma date de naissance. Rien de plus.

Elle m’explique que le soin se fait à distance, que je peux continuer mes activités habituelles pendant qu'elle intervient, qu'elle me préviendra avant au cas où je ressentirais des choses étranges, picottements ou autre. Puis que nous débrieferons par téléphone de ce qu'elle a ressenti ou observé. Nous prenons rendez-vous pour la semaine suivante.

L'appel a duré une dizaine de minutes.

Avant le rendez-vous

Durant la semaine, je reçois deux cartes d'une sorte de jeu de Tarot de Marseille par message. “La lutte” et “Le mat”. J’ai pour objectif d’y penser durant la semaine, de m’en imprégner, de voir ce qu’elles m’inspirent. Pas grand chose. Mais j’y pense régulièrement.

Quelques heures avant le rendez-vous, je promène mon chien, et je me sens en colère. J’ai reçu un SMS m’indiquant que les soins étaient en cours. C’est complètement perché. Je me demande comment on peut être sérieux et serein en affirmant qu'on ausculte et soigne à distance le corps de quelqu'un à qui ont a parlé 10 minutes au téléphone. Et si l'énergie est finalement si simple à manipuler aux opposés de la France, s'il existe aussi des réparateurs d'appareils électro-ménager, de voitures, d'installation électriques... L'avantage du corps psychique, ou du corps énergétique, c'est qu'on ne peut jamais vraiment vérifié s'il est réparé. Ni même s'il était cassé au départ.

Depuis cet attrait générale quasi religieux pour la médecine traditionelle chinoise et ses dérivés, j'entends tellement d'experts autoproclamés, tenir avec une assurance désarmante des discours truffés de phrases toutes faites, d'études douteuses, de raccourcis physiques abstraits.

Je n'aborde pas exactement mon rendez-vous avec les bonnes vibrations. Alors je repense à mon envie de départ, le vivre sans juger, et note quelques questions à poser.

Le rendez-vous

La thérapeute m’appelle en début de soirée. Elle m’explique que le soin est terminé, et me donne déjà des recommandations. Il faudra boire beaucoup les prochaines semaines, le temps que mes cellules se renouvellent et que les toxines s’éliminent. Que je risque pendant 3 jours d’avoir des réactions étranges, des fous rires incontrôlés ou des pleurs soudains. Que l’anonymat est préservé durant toute la séance dans le cadre du secret médical. Que parmi toutes les informations remontées, je dois me concentrer sur celles qui me parlent. Qu'il y a parfois des contresens, ce n'est pas grave.

Ma thérapeute a fait 7 ans d’étude du Reiki, qu’elle a complété avec la pratique du Lahochi. Ce n’est pas un don, tout le monde peut l’apprendre. Mais ça demande du temps et la pratique. Je pose mes questions et elle m’explique patiemment la nature du soin, et les études nécessaires.

Au fond de moi, un scientifique en blouse est en train de se débattre en hurlant. Mais en réalité j’aime bien cette échange. Pas de justifications scientfiques douteuses, de manipulation ou d'agacement face à mes questions, ma thérapeute est très calme et patiente, elle répond avec humilité, prend le temps de donner des détails, partage des limites et m’invite à chercher par moi-même.

Alors commence un long détail des retours perçus durant le soin. Il y a beaucoup d’informations. Un mélange de diagnostics “A peur du jugement d’autrui et du sien” de conseils philosophiques “Arrête de résister, de bloquer, la vie est en mouvement et si tu résistes, tu crées des tensions, qui se ressentent dans le corps”, de conseils très pratiques “Va faire du footing régulièrement, tu as besoin d’évacuer”, "Réécoute les musiques de ton enfance".

Je suis emporté par le flot d’informations, ça va très vite. Je connais l’effet Barnum, et pourtant à ce moment là beaucoup de ces mots me touchent et résonnent. Je ne m'y attendais pas du tout. Je n’ai pas le temps de réfléchir.

A la fin de ce retour, je suis troublé. “Retrouve une connexion au présent, aux petits bonheurs, une terrasse au soleil, une balade avec ton chien”. Ces mots là ressemblent à ceux que j’aurais pu dire moi même. Et je ne me rappelle pas avoir dit que j’avais un chien.

Après le rendez-vous

A la seconde ou je raccroche je reçois un texto de l'amie qui m'a recommandé le soin. Je n’ai plus de colère, je suis sincèrement un peu troublé et sonné. Je me doute qu’elle devait être au courant (et elle l’était...) mais pendant une seconde, j’hésite à lui demander.

Les mots, les conseils que j’ai entendu aujourd’hui m’ont fait du bien. Et donné un petit coup derrière la nuque. M’ont donné des clés pour avancer. Bien plus que des séances de psy, plus analytiques.

Je ne crois pas que mon corps soit réharmonisé, je n'ai pas ressenti de picotements, ni eu de fous rires incontrôlés. Mais je dois reconnaître avoir bien apprécié cette expérience.